Réflexions

Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 16:31

Pour être tout-à-fait chrétien, il faut:

1° l’amour de Dieu. Car ainsi dit sa Parole: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toutes tes forces. «Cet amour est un amour qui prend pour lui tout le coeur, qui s’empare de toutes les affections, qui remplit toute la capacité de l’âme et qui en emploie toutes les facultés dans toute leur étendue.

Si quelqu’un aime ainsi le Seigneur son Dieu, «son esprit se réjouit continuellement en Dieu, son Sauveur.» Ses délices sont dans le Seigneur, son Seigneur, son Tout, à qui il rend grâces pour toutes choses. «C’est vers son nom et vers son souvenir que tend le désir de son âme.» Son coeur ne cesse de s’écrier:

«Quel autre que toi ai-je au ciel? Voici, je n’ai pris plaisir sur la terre qu’en toi.» Que désirerait-il, en effet, hors de Dieu? Le monde, ou les choses du monde? Mais il est «crucifié au monde et le monde lui est crucifié.» Il est crucifié à la convoitise de la chair, à la convoitise des yeux et à l’orgueil de la vie.» Oui, il est mort à toute espèce d’orgueil. Car «l’amour ne s’enfle point; » mais celui qui, demeurant dans l’amour, «demeure en Dieu et Dieu en lui,» est moins que rien à ses propres yeux.

2° Pour être tout-à-fait chrétien, il faut l’amour du prochain, car Notre Seigneur dit encore dans le même texte: «Tu aimeras ton prochain comme toi-même.» Si quelqu’un dit: mais qui est mon prochain? je lui répondrai: Tout habitant du monde, tout enfant de celui qui est «le Père des esprits, de toute chair.» Il n’y a pas même d’exception à faire pour nos ennemis, pas même pour les ennemis de Dieu et de leurs propres âmes. Mais, ceux-là aussi, tout chrétien les aime comme lui-même et «comme Christ nous a aimés.» Si quelqu’un veut en savoir davantage sur cet amour, qu’il considère la description qu’en fait saint Paul «La charité est patiente et pleine de bonté. Elle n’est point envieuse. Elle n’est point insolente. Elle ne s’enfle point d’orgueil; » mais elle fait de celui qui aime l’humble serviteur de tous. «La charité n’est point malhonnête,» loin de là, celui qui aime se fait «tout à tous.» «Elle ne cherche point son intérêt,» mais seulement le bien des autres afin qu’ils soient sauvés. «La charité ne s’aigrit point.» Elle exclut la colère; car celui qui a de la colère manque d’amour. «Elle ne soupçonne point le mal. Elle ne se réjouit point de l’injustice, mais elle se réjouit de la vérité. Elle excuse tout; elle croit tout; elle espère tout; elle supporte tout.»

3° Pour être tout-à-fait chrétien, il faut une troisième chose qu’on peut considérer à part quoiqu’en réalité elle soit inséparable des précédentes, et c’est le fondement de tout, c’est la foi. Et que de merveilles sont dites d’elles dans tous les oracles de Dieu! Quiconque croit, dit le disciple bien-aimé, est né de Dieu. «A tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être faits enfants de Dieu; savoir, à ceux qui croient en son nom.» -«La victoire par laquelle le monde est vaincu, c’est notre foi.» Notre Seigneur lui-même le déclare: «Celui qui croit au Fils a la vie éternelle et il ne viendra point en condamnation, mais il est passé de la mort à la vie.»

Mais ici que personne ne s’abuse. «Il faut bien le remarquer: la foi qui ne produit point la repentance, l’amour et toute bonne oeuvre, loin d’être cette foi véritable et vivante, n’est qu’une foi morte et diabolique. Car les démons croient eux-mêmes que Christ naquit d’une vierge, qu’il fit toutes sortes de miracles, se déclarant véritablement Dieu; que pour l’amour de nous il souffrit la mort la plus cruelle, afin de nous racheter de l’éternelle mort; qu’il ressuscita le troisième jour, qu’il monta aux cieux, qu’il s’assit à la droite du Père et qu’il en reviendra, à la fin du monde, pour juger les’ vivants et les morts. Les démons croient ces articles de notre foi; ils croient, de même tout ce qui est écrit dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament. Et pourtant avec toute cette foi, ils ne sont toujours que des démons. Faute d’avoir la vraie foi chrétienne, ils demeurent dans leur état condamnable!»

«La véritable foi chrétienne (pour employer encore les paroles de l’Église anglicane-Homélie sur le salut de l’homme), ce n’est pas seulement d’admettre l’Écriture et nos articles de foi, mais c’est avoir la ferme assurance d’être sauvé par Christ de l’éternelle damnation. C’est la ferme confiance qu’un homme a en Dieu, que, par les mérites de Christ, ses péchés lui sont pardonnés et qu’il a retrouvé la faveur de Dieu. De cette foi naît un coeur plein d’amour pour obéir à ses commandements.»

Quiconque donc a cette foi qui (par la vertu de Dieu demeurant en nous) purifie le coeur d’orgueil, de colère, de convoitises, de toute injustice, de toute souillure de la chair et de l’esprit; qui le remplit, pour Dieu et pour tous les hommes d’un amour plus fort que la mort, d’un amour qui fait les oeuvres de Dieu, qui se glorifie de se sacrifier et d’être sacrifié pour tous les hommes, et qui endure avec joie, non seulement l’opprobre de Christ, la moquerie, le mépris et la haine des hommes, mais tout ce que la sagesse de Dieu peut permettre à la malice du monde ou de l’enfer de lui infliger: qui a cette foi ainsi agissante par l’amour, est véritablement et entièrement chrétien et non pas seulement presque chrétien.

Mais où sont les témoins vivants de ces choses?—Frères, je vous en conjure, comme en la présence de ce Dieu devant qui «le sépulcre et le gouffre sont à découvert, combien plus les coeurs des enfants des hommes; » que chacun de vous se demande à lui-même: Suis-je de ce nombre? vais-je aussi loin dans la pratique de la justice, de la miséricorde, de la vérité, que l’exigeait déjà l’honnêteté païenne? Et s’il en est ainsi, ai-je les dehors d’un chrétien, la forme de la piété? m’abstiens-je du mal, de tout ce que condamnent les Écritures de Dieu? Fais-je selon mon pouvoir tout ce que j’ai l’occasion de faire? Profité-je, en tout temps, avec sérieux, de tous les moyens de grâce? Et fais-je tout cela, avec l’intention, le désir sincère de plaire à Dieu en toute chose?

N’êtes-vous pas convaincus, plusieurs d’entre vous, que vous n’êtes jamais allés,jusque-là; que vous n’êtes pas même presque chrétien; que vous n’avez point atteint même la règle de l’honnêteté païenne, ou du moins la forme de la piété chrétienne? Bien moins encore êtes-vous sincères devant Dieu et désireux de lui plaire en toutes choses. Jamais vous n’allâtes jusqu’à vouloir consacrer toutes vos paroles, vos oeuvres, votre activité, vos études, vos plaisirs, à sa gloire. Vous n’eûtes même jamais la volonté ou le désir que tout ce que vous faites, étant fait au nom du Seigneur Jésus, fût un sacrifice spirituel agréable à Dieu par Christ.

Mais, à supposer que vous ayez ces intentions; les bonnes intentions et les bons désirs font-ils le chrétien? Non, sans doute, à moins qu’ils ne soient mis à effet. L’enfer, a dit quelqu’un, est pavé de bonnes intentions. Ainsi donc la question des questions demeure: L’amour de Dieu est-il répandu dans votre coeur? pouvez-vous lui dire: Mon Dieu et mon Tout? Ne désirez-vous sur la terre que Lui? Êtes-vous heureux en Dieu? Est-il votre gloire, vos délices, votre couronne? Et ayant gravé dans votre coeur ce commandement: «Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère,» aimez-vous votre prochain comme vous-même? Aimez-vous tous les hommes, même vos ennemis, même les ennemis de Dieu, comme votre propre âme, comme Christ vous a aimés? Mais crois-tu que Christ t’a aimé et qu’il s’est donné pour toi? As-tu la foi en son sang? Crois-tu que l’Agneau de Dieu a ôté tes péchés et les a jetés, comme une pierre, au fond de la mer? qu’il a effacé l’obligation qui était contre toi et qu’il l’a annulée, la clouant à sa croix? As-tu réellement la rédemption par son sang, la rémission de tes péchés? Et son Esprit rend-il témoignage avec. ton esprit que tu es enfant de Dieu?

Or, Dieu le sait, Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ qui est en cet instant au milieu de nous,—si quelqu’un meurt sans cette foi et sans cet amour, il eût mieux valu pour lui de n’être jamais né.

Réveille-toi donc, toi qui dors, et invoque ton Dieu!

Cherche-le au temps qu’on le trouve. Ne le laisse point aller qu’il n’ait fait «passer devant toi toute sa bonté» et qu’il n’ait «crié devant toi le nom de l’Éternel l’Eternel, le Dieu fort, pitoyable, miséricordieux, tardif à colère, abondant en miséricorde et en vérité, gardant en mille générations sa miséricorde, ôtant l’iniquité, le crime et le péché.» Que personne ne te persuade, par de vains discours, de manquer ce prix de ta vocation céleste. Mais crie jour et nuit à Celui qui, «lorsque nous étions sans aucune force,» mourut pour des impies, jusqu’à ce que, sachant en qui tu as cru, tu puisses lui dire: «Mon Seigneur et mon Dieu!» aie soin de toujours prier, sans te lasser, jusqu’à ce que tu puisses, toi aussi, lever la main au ciel et dire à Celui qui vit aux siècles des siècles: «Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime.»

Puissions-nous tous apprendre ainsi, par expérience, ce que c’est que d’être, non seulement presque mais tout-à-fait chrétien! Étant justifiés gratuitement par grâce, par la rédemption qui est en Jésus, puissions-nous savoir que nous avons la paix avec Dieu par Jésus-Christ, et nous réjouir dans l’espérance de la gloire de Dieu, parce que l’amour de Dieu sera répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit!

Si vous voulez recevoir la grâce de Dieu et devenir une personne sauvée de Dieu, écrivez nous.

Par Régis N'DOSSANI L. - Publié dans : Réflexions
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